Séminaire : Inceste : ces familles qui nous médusent

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Pendant ces deux journées, Martine Nisse présentera l’approche systémanalytique de l’inceste développée au Centre des Buttes-Chaumont à Paris (1987).

L’inceste en acte, véritable point aveugle de la clinique, a émergé à la connaissance du public à la faveur du témoignage d’Eva Thomas (1985), dans la décennie des premières traductions françaises des pionniers de la thérapie familiale. Après plusieurs années de recherche pluridisciplinaire (expert de vie, protection de l’enfance, thérapie familiale et justice) le Centre des Buttes-Chaumont a activement participé à amplifier cette rupture à l’équilibre, relayée par les médias et reprise par les politiques, afin de faire évoluer les lois, les pratiques éducatives et la clinique des maltraitances sexuelles.

Nous avons développé un modèle théorico-clinique maillant le modèle systèmique (Palo Alto), au modèle psychanalytique (Freud, Ferenczi), ainsi qu’aux droits constitutionnels de l’enfant au coeur des nouvelles procédures pénales assortissant le soin à la sanction des violences sexuelles.

La crise familiale qui parvient jusqu’au thérapeute est un signe de la mise hors de l’équilibre de l’homéostasie incestueuse, ayant parfois été active sur plusieurs générations, et parfois sur les deux lignées de la victime. Les transactions dans ces systèmes familiaux maltraitants mettent en évidence une transmission transgénérationnelle des comportements abusifs, où l’incestigation maternelle est un des paramètres redondants. La deuxième cybernétique ne peut proposer d’intégrer la connotation positive du symptôme inceste, sans impliquer thérapeute familial et/ou intervenant social dans une forme de complicité avec les systèmes maltraitants, au risque de renforcer l’homéostasie incestueuse.

Martine Nisse développera les étapes-clés de cette approche spécifique d’amplification de la crise familiale de la loi, pour les victimes, auteurs et complices (conscients/inconscients) de l’inceste. Il s’agit, tout en respectant et en intégrant les processus judiciaires, civil et pénal et en renforçant les droits de l’enfant, d’installer une atmosphère antidote à la peur du changement, d’autoriser la mise en mot des liens abusifs, de susciter le choix de surnoms pour les agresseurs, de proposer l’abandon de l’usage des vocables tendres par les thérapeutes ou les intervenants sociaux durant les consultations, d’utiliser des symboles spécifiques dans les génogrammes, entre autres…

La supervision de cas apportés par les participants permettra la mise en pratique des nouveaux concepts, ainsi que des nouveaux symboles utilisés dans l’élaboration des génogrammes.

Présentation de l'intervenante :

Martine Nisse est thérapeute familiale, formatrice et superviseure d’équipes pluridisciplinaires et pluri-institutionnelles en France, Europe, Asie. Cofondatrice et directrice du Centre des Buttes- Chaumont à Paris. Chargée de cours à la faculté de médecine de Grenoble Alpes, de psychologie de Paris VIII, de travail social à la New York University. Membre du Board de l’European Family Therapy Association et membre de l’Asian Academy of Family Therapy.